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Open Consoles vous donne la parole : TheOtherDays

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Bonjour à toutes & tous. ^^

Suite à notre appel sur le forum vous demandant à VOUS, les membres d'Open Consoles de participer directement et de vous exprimer librement sur le blog et le forum, nous avons sélectionné un premier article.
Cette première publication, nous la devons à un duo de musiciens Français adeptes de Chiptune. (variante autour de la Game Boy et donc tout à fait en adéquation avec les thèmes retro que nous traitons habituellement)

TheOtherDays nous fait donc l'honneur d'ouvrir les hostilités avec un véritable pavé drôle et technique qui -je l'espère- va vous donner envie de vous lancer vous aussi dans cette expérience incroyable.

La parole est à eux à présent, bonne lecture et à très vite sur le forum! ^^





Introduction à la musique Chiptune Mise en oeuvre sur 
Nintendo Game Boy


Un article retrogaming et musical proposé par

Avant-propos

Chers amis d'Open-Consoles, férus de petites machines open-source et de tout ce qu'on peut faire avec, nous vous souhaitons la bienvenue!

Nous vous proposons ici un article sur le genre musical Chiptune et sur la composition de musique sur Nintendo Game Boy. Nous parlerons plus particulièrement de Little Sound DJ (LSDJ), qui est certainement, avec Nanoloop, le logiciel de ce type le plus utilisé sur Game Boy. Puisqu'il s'agit d'un vaste sujet, nous vous en donnons ici un petit aperçu qui nous l'espérons, va éveiller votre curiosité et votre créativité.


La Chiptune

Chiptune: mot anglais désignant littéralement la mélodie d'une puce. Dit comme ça, c'est un peu décousu. Il faut remonter un peu dans le temps pour comprendre l'origine de ce mot.

Nous passerons sur les premiers ordinateurs des années 1940 à 70, qui ne faisaient pas de son mais beaucoup de bruit.

C'est vers la fin des années 70 qu'est arrivée l'ère de la micro-informatique, avec des machines individuelles accessibles au grand public. Les performances s'améliorant, beaucoup de jeux apparurent sur ces ordinateurs ou ces consoles. Pour les rendre plus attrayants, les concepteurs comprirent vite qu'il fallait les sonoriser. C'est ainsi que les premières musiques informatiques grand public émergèrent.

Mais qu'en est-il de ces productions sonores sur un plan plus technique? Comment fait-on de la musique avec un ordinateur et surtout...

Comment ça sonne?
Vous le savez, un ordinateur est un ensemble de transistors qui interagissent entre eux. Les signaux électriques internes de ces ordinateurs sont binaires: soit ça s'allume électriquement et ça vaut 1, soit ça s'éteint et ça vaut 0.

Les vieux ordinateurs disposaient d'une sortie sonore basique, composée généralement d'un haut-parleur dans le boîtier connecté à des circuits logiques très simples. Les programmeur pouvaient simplement envoyer des 0 et des 1 directement sur ces circuits et on pouvait entendre du son.

Quand on alterne les signaux 0 et 1, on obtient ce qu'on appelle une onde carrée:



Représentation d'une onde carrée. 

Source : electronique-et-informatique.fr


Qui sonne comme cela: https://www.youtube.com/watch?v=OPFjzFNKh4k

Nous parions que vous connaissez déjà ce son : l'onde carrée est effectivement le son le plus élémentaire qu'une puce informatique peut générer.

On peut même déjà faire des musiques juste avec ce son-là: https://www.youtube.com/watch?v=HzLF-g5tBv8

Il s'agit bien d'une mélodie produite grâce à un peu de programmation sur une toute petite puce informatique. En Anglais, “a tune made from a computer chip”: c'est la Chiptune.

Au passage, l'ordinateur a ici créé une mélodie de toute pièce et de façon électronique. Par définition, cet ordinateur a donc fait office de synthétiseur !

A l'écoute des ondes
Vous remarquerez que l'onde carrée n'est pas forcément des plus agréables à écouter. Et vous aurez un peu raison.

En effet, pour plein de motifs techniques, votre oreille n'aime pas trop les ondes carrées. En vulgarisant, on peut dire que dans cette forme d'onde, il y a des fréquences qui ne peuvent pas toutes exister en même temps dans la nature. Vous aurez peut-être besoin d’éduquer un peu votre oreille pour l'habituer à ce genre de sonorités. Au demeurant, si vous avez grandi avec les machines de l'époque, votre initiation auditive est déjà faite

Heureusement, il n'y a pas que les ondes carrées dans la Chiptune. Les progrès techniques aidant, les synthétiseurs sonores plus avancés ont permis de générer une plus grande diversité de timbres. Notamment, les ondes dites triangulaires, en dents de scie et sinusoïdales.


Fig. 2: Formes d'ondes synthétiques caractéristiques.

Source : Wikipedia

Voici comment cela sonne:
Nous supposons que vous avez également reconnu certains de ces sons. Notamment:
  • La sinusoïdale à 440Hz, qui correspond à la tonalité que vous entendez lorsque vous décrochez un téléphone fixe,
  • La triangulaire, qui est une tonalité typique de la Nintendo Entertainment  System (NES)Savez-vous d'ailleurs que le circuit sonore d'une Game Boy, bien que très différent de celui de la NES, présente un certain nombre de caractéristiques communes ? Nous pourrons en reparler dans un prochain article !

Beaucoup de bruit pour rien ?
Revenons maintenant sur la notion de bruit.
Contrairement aux ondes que nous venons de montrer, le bruit n'est pas un son harmonique, il n'a pas de timbre ni de périodicité. Le bruit est un son plutôt issu du désordre, autrement dit de l'émanation d’évènements physiques incohérents et simultanés.

Par exemple, le bruit le plus connu est le bruit dit 'blanc', où toutes les fréquences du spectre audible sont actives. Visuellement cela ressemble à ceci:


Fig. 3: Forme d'onde d'un bruit blanc.

Source : pipoprods.free.fr

Qui sonne comme cela: http://en.wikipedia.org/wiki/File:White-noise-sound-20sec-mono-44100Hz.ogg

Étonnamment, il n'y a pas son plus naturel que le bruit. C'est la base sonore d'une cascade d'eau, du vent, des vagues de la mer, d'une brosse sur une caisse de jazz... ll y a même du bruit jusque dans le cosmos sous forme d'ondes radio.

Nous connaissons maintenant les ondes de base de la synthèse sonore. Mais qu'en faire? Comment passer d'un simple timbre sonore à quelque chose qui ressemblerait à un instrument?


Du Timbre à l'Enveloppe

L’enveloppe est manière dont on module l'intensité d'une onde dans le temps. Typiquement, quand vous appuyez sur une touche d'un synthétiseur, c'est la manière dont le volume d'un instrument monte ou descend dans le temps.

Informatiquement, l'enveloppe la plus simple repose sur le modèle dit ADSR: Attack, Decay, Sustain, Release. Pour citer Wikipedia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Enveloppe_sonore):
  • Attack : l'attaque décrit le temps nécessaire au son pour atteindre son amplitude maximale, après avoir appuyé sur une touche du synthétiseur.
  • Decay : le déclin indique le temps au-delà du pic, pour atteindre le moment où le son entre en phase de maintien,
  • Sustain : décrit le niveau sonore conservé tant que la touche est maintenue enfoncée. Si l'on relâche la touche trop tôt, le son entre directement en relâchement.
  • Release : dès le relâchement de la touche, ce paramètre indique la rapidité avec laquelle le son diminue pour s'éteindre complètement.


Fig. 4 : Rreprésentation de l’enveloppe ADSR. 
Source : Wikipedia

Nous avons maintenant en main des instruments synthétiques aux formes d'ondes et enveloppes bien définies. Reste à savoir comment écrire la mélodie informatiquement. Est-ce semblable à une partition musicale classique, via des notes et des soupirs? Ou bien est-ce que cela revient finalement à concevoir un programme dans son coin, sans réelle convention d'écriture commune?


Partitions programmées

Écrire une musique sur un ordinateur nécessite quelques compromis. Par le passé, le programmeur codait littéralement sa musique comme il l'entendait (si l'on peut dire). Des instruments à la partition, tout était transcrit dans un format propriétaire et propre au programmeur. Le tout était entremêlé avec le code du jeu ou de l'application. C'est ce qu'on appelait une Chiptune 'Custom'. Au demeurant, cette approche était fastidieuse et pas vraiment réutilisable : pour faire une nouvelle musique, il fallait souvent recommencer à zéro. De plus, cela nécessitait souvent que le programmeur et le compositeur soient la même personne, ce qui n'est pas forcément évident.

Certains programmeurs, lassés de cette approche « ex-nihilo », ont donc développé des outils dédiés à la création musicale et permettant d'exploiter au mieux les puces sonores propres à chaque machine. C'est ainsi qu'est née une catégorie de programmes qui nous intéresse particulièrement : les soundtrackers.

Il existe des soundtrackers pour pratiquement toutes les plate-formes informatiques. Par convention, ils utilisent à peu près tous la même représentation des partitions, dite “matricée”, tant par piste que par intervalle de temps.

Les principes de base d'une écriture matricée sont simples:
  • Un morceau est composé de plusieurs pistes représentées par des colonnes. Le plus souvent, chaque colonne accède directement à une des différentes voix matérielles disponibles sur le circuit sonore de l'ordinateur ou la console.
  • On coupe une mesure en créneaux temporels verticaux régulièrementespacés. Une ligne correspond à un créneau temporel. Pour une voix donnée, on obtient donc une colonne avec un nombre fixe de lignes: on appelle  cela un pattern.
  • On pose des notes sur les lignes de ce pattern. Ces notes ne sont pas écrites sous la forme solfège “do-ré-mi-fa-sol-la-si”, mais en notation anglaise : “C-D-E-FA-B”. On rajoute aussi le numéro de gamme de la note: un nombre bas signifie qu'on est dans le grave, un nombre élevé, dans l'aigu.
  • A la note posée, on doit rajouter aussi le numéro un instrument qu'on a préalablement  défini (une forme d'onde et son enveloppe).
  • Enfin, à la lecture, le soundtracker fait défiler les pistes ligne par ligne et joue les notes présentes sur chacune d'entre elles.
Voici un exemple de pattern, à lire de haut en bas:




  • B-3 5

  • Si 3eme gamme, instrument #5

  • --- -

  • vide

  • B#3 6

  • Si dièse 3ème gamme, instr. #6

  • --- -

  • vide

  • C-3 4

  • Do 4ème gamme, instr. #4

  • C#4 5

  • Do dièse 4ème gamme, instr. #5
Fig. 5: représentation d'un pattern.

Remarques:
  • Contrairement à la partition musicale classique, les lignes vides ne sont pas des soupirs, mais juste “du temps qui passe”.
  • Autrement dit, une ligne vide n'intercale pas de silence. La durée d'une note est propre à l’enveloppe de l'instrument choisi avec la note.
  • Une note peut être interrompue par une autre si l'écart de temps entre les deux notes est plus court que l'enveloppe de l'instrument de la première note.
  • On peut quand même faire taire une note après une durée souhaitée. Ceci se fait par des moyens annexes, nous en reparlerons plus tard.


Application à la Game Boy

Nous parlons bien de la toute première console portable de Nintendo, sortie en 1989. Celle de couleur grise, avec son écran minuscule et illisible en plein soleil, qui épuisait toujours vos piles en seulement quelques heures.

Cette machine cadencée à environ 4MHz dispose de facultés sonores intéressantes, pour la plupart héritées de sa grande soeur de salon, la Nintendo Entertainment System.

Ces deux consoles font partie de la génération mythique de machines dites « 8-bits » :  leurs puces éléctroniques sont capables de travailler sur 8 signaux binaires simultanément par cycle d'horloge.

Aujourd'hui les ordinateurs ont des architectures de 32, 64 voire 128 bits, soit à fréquence égale, une capacité de traitement par cycle de 4 à 16 fois plus importante qu'une Game Boy. Si l'on prend également en compte la différence de vitesse, l'écart se creuse de manière vertigineuse, ce qui témoigne tristement de la vétusté technique de la console.

Pourtant, elle reste emblématique dans le domaine de la Chiptune, car elle y est surprenamment performante et adaptée. Voyons donc ce que la portable de Nintendo est capable de faire.


“Canaux Wins!”

La Game Boydispose de 4 canaux audio dont a majorité des fonctionnalités sonores est gérée intégralement en hardware.

En effet, la génération des sons est déléguée à un synthétiseur matériel autonome intégré au CPU de la console. Le CPU ne fait donc qu'envoyer des commandes simples à son propre synthétiseur, par exemple : “fais-moi un Do avec une onde carrée”. Cette délégation de commandes au synthétiseur permet au CPU de garder du temps pour s'occuper d'autres tâches essentielles comme les interruptions, les transferts mémoire et les routines du programme de jeu.

La stéréophonie est une fonctionnalité distinctive de cette console. Chacun des canaux peut être indépendamment et dynamiquement routé sur la sortie audio de gauche, de droite ou bien les deux.

Voici la liste des canaux audio de la Game Boy et leurs capacités respectives :
  • Deux canaux d'ondes carrées (dits “PULSE”) :Ces canaux permettent de générer des sons à base d'ondes carrées, avec différents rapports cycliques (duty cycle) prédéfinis: 12.5%, 25%, 50% et 100%. Pour l'enveloppe, on compte 16 niveaux de volume d'attack et de release gérés matériellement. On peut également choisir la hauteur d'une note sur une largeur de 8 gammes avec une granularité très fine (utiles pour des portamentosou glissandos). Ces deux canaux sont essentiellement utilisés pour faire des instruments dans une mélodie (leads), des nappes harmoniques ou des effets sonores aigus (cris de monstres, bruits de sauts). Avec un peu d'astuce, ils permettent aussi de faire des sons percussifs sourds, comme des sons de grosse caisse (kicks).
  • Un canal de bruit (“NOISE”): Celui-ci génère seulement des instruments à base de bruit par le biais d'un générateur matériel dont on peut paramétrer la “forme”. On peut ainsi obtenir une large palette de bruits connus: rose, marron, blanc.... Ce canal est surtout usité pour des effets sonores agressifs (explosions, bruits de coups), mais aussi des instruments percussifs (hihats, charleys). 16 niveaux de volumes sont également offerts en hardware pour l'attack et la release.
  • Enfin, un canal d'onde arbitraire (“WAVE”): C'est le plus polyvalent des canaux en termes de forme d'onde puisqu'il permet de restituer des samples codés sur 4 bits (16 niveaux). Ce canal peut  aussi produire des sons bien plus graves que sur les autres canaux, ce qui le rend très intéressant pour créer instuments avec des basses profondes ou des kicks puissants. Cependant, les limitations de ce canal sont fortes: le nombre d'échantillons possibles est réduit à 32 valeurs seulement. Quant au volume, il n'y a que 4 niveaux matériellement possibles : silence, 25%, 50% et 100%.
Maintenant que nous savons mieux de quoi cette console est capable, voyons comment mettre ces notions musicales en pratique avec le soundtracker LSDJ.

Se mettre à la chiptune sur Game Boy
Nous espérons que cette introduction à la Chiptune vous a donné envie de vous lancer!

Il existe plusieurs logiciels de composition musicale sur Game Boy, notamment LSDJ et Nanoloop. Dans cet article, nous allons nous intéresser à LSDJ. Bien que vous ne connaissiez pas encore ce sountracker, gardez déjà son nom en tête car il reviendra souvent dans cet article. Nous allons en parler plus en détail par la suite, mais voyons d'abord le matériel nécessaire dont vous aurez besoin pour l'utiliser.

Dans un premier temps, vous n'aurez pas forcément besoin d'acheter ladite console portable ou quelconque matériel spécifique : vous pourrez utiliser des émulateurs à la place. Quant à LSDJ, des versions d'évaluation existent pour vous faire une idée de ce qu'il vaut sans rien avoir à débourser.

...Sans Game Boy ?
Un émulateur est un programme qui permet à un ordinateur de lancer des jeux ou des programmes conçus pour d'autres machines. 

On note d'illustres exemples que nous affectionnons particulièrement, tels que :
Concernant la Game Boy, nous sommes gâtés: il existe des émulateurs sur toutes les machines possibles : PC, Mac, tablettes et smartphones. Néanmoins, tous ne se valent pas, surtout concernant la qualité de reproduction du son de la Game Boy, qui nous intéresse ici au plus haut point.

Nous vous conseillons donc les émulateurs ci-dessous :

  • Mednafen (http://mednafen.sourceforge.net). Tourne sous Windows, Mac OS X et Linux. Le plus intuitif, il émule la Game Boy mais aussi beaucoup d'autres consoles. Il permet d'enregistrer des vidéos de votre session d'émulation.
  • BGB (http://bgb.bircd.org). Tourne sous Windows ou même Linux via Wine (http://www.winehq.org) Moins intuitif d'usage que Mednafen mais très fidèle au hardware, il permet aussi d'enregistrer des vidéos et supporte le port link de la Game Boy. Il est plutôt destiné aux développeurs et comporte un debugger incorporé.
  • Gambatte (http://sourceforge.net/projects/gambatte). Tourne sous Windows, Mac OS X et Linux. Un poil plus spartiate encore, mais émule le son assez fidèlement.
  • Higan     (http://byuu.org/emulation/higan). Tourne sous Windows et Linux. Emulant parfaitement plusieurs consoles Nintendo, il est de ce fait très gourmand en ressources. Un Core i5 est vivement recommandé pour profiter de sa fidélité de restitution irréprochable, même pour les jeux les plus obscurs.
Quid des consoles portables et smartphones? Voici un petit inventaire :

Notes:
Les plate-formes mobiles et portables étant moins puissantes, les émulateurs précités sont probablement moins aboutis. Certains d'entre eux nécessitent de tourner sur flashcart (Nintendo DS) ou de rooter/jailbreaker sa machine.
Cependant, le résultat peut s'avérer décevant, surtout vis-à-vis de la maniabilité exécrable des boutons sur interfaces tactiles : rien ne remplace une croix et des boutons physiques !

A vous  donc d'essayer pour vous faire une idée!


Pour plus d'information sur la qualité d'émulation avec un programme musical tel que  LSDJ, jetez un œil sur le Wiki officiel ici: http://littlesounddj.wikia.com/wiki/Game_Boy_Emulators

Avec une vraie Game Boy !
Honnêtement, pour utiliser au mieux LSDJ ou tout autre programme musical, il n'y a rien de mieux que de le faire tourner sur la vraie bestiole. Qu'on se le dise !
Vu le succès immense de cette console en son temps, vous en avez peut être déjà une chez vous, prenant la poussière ou oubliée dans une cave... Sinon, il n'est pas rare d'en trouver en brocante ou dans des magasins d'occasion, par exemple.

Fig. 6 : Photo de famille

Il y a eu au fil des années différents modèles de Game Boy, chacun ayant ses avantages et inconvénients, y compris dans le domaine de la Chiptune.
Le tableau suivant en fait la synthèse :

Modèle 

Écran 
Son
 Vitesse
 Autonomie
 Commentaire
Game Boy, originale
aussi dite
 “la brique”
(DMG-01)
*
* * *
*
*
La meilleure pour le son live mais aussi la plus lourde.
Les 4 piles sont vite épuisées, prévoir un adaptateur.
Game Boy Color
* *
* *
* *
* *
Plus rapide que la DMG. Les couleurs en plus et seulement deux piles!
Game Boy Pocket
*
* *
*
*
Plus compacte qu'une DMG Mais le son est moins bon. Problèmes d'autonomie avec les cartouches flash.
Game Boy Advance
* * *
* *
* *
* * *
Disposition des touches peu pratique, la rendant inutilisable avec des programmes musicaux. Dommage.
Game Boy
Advance SP
* * *
* *
* *
* * *
Rapide, bonne autonomie, écran rétroéclairé : presque un sans faute! Attention : il faut un adaptateur spécifique pour la sortie casque.
Une question se pose aussi :
trouvera-t-on encore des batteries compatibles dans plusieurs années ?
Game Boy Micro
*
* *
*
?
Contrairement à son nom, elle est incompatible avec les cartouches Game Boy. A oublier.


Fig.7: comparatif des console Game Boy

Ainsi, pour composer avec LSDJ, nous suggérons,par préférence décroissante:
1.    Game Boy Advance SP + adaptateur casque
2.    Game Boy Color
3.    Game Boy Originale
4.    Game Boy Pocket
Nous déconseillons les autres modèles.


Fig. 8 : Astro courtise lourdement la DMG-01. 




Fig. 9 : Astro, imperturbable, retente avec la Game Boy Color.


Pour le live, la Game Boy originale (DMG-01) reste la meilleure, car elle a simplement le meilleur son.

Pour vous faire une idée, vous pouvez comparer le son des différents modèles de Game Boy ici : http://www.herbertweixelbaum.com/comparison.htm

A noter qu'il est aussi possible d'utiliser le Super Game Boy (interface Game Boy pour Super Nintendo), qui vous permet de composer tranquillement sur votre TV, évidemment sans la portabilité. C'est également un moyen plus pratique pour montrer ou expliquer ce que vous faites à votre entourage ébaubi.


Modifications matérielles
Il est possible de modifier matériellement différents modèles de Game Boy.  Une modification est appelée aussi un mod.  Le modèle plus indiqué pour les mods reste toujours la DMG-01.


Avec un mod, on peut rajouter plusieurs fonctionnalités à la Game Boy :
  • Un rétro éclairage : indispensable pour les concerts, qui se déroulent souvent dans des salles sombres,
  • Un meilleur son (modification dite « pro-sound ») : De meilleures basses, moins de souffle, un son plus fort et plus net.
  • Un contrôle de pitch : Il s' agit d'un potentiomètre que l'on peut tourner pour accélérer ou ralentir la vitesse de la console, produisant ainsi des sons plus ou moins aigus. Lorsque le potentiomètre est au minimum, on peut obtenir des sons très graves.
Il est possible de faire ces mods par soi-même ou d' acheter des Game Boy pré-modées chez différents vendeurs (voir plus bas).
En plus d'être indispensables, certains mods sont tout simplement magnifiques.

Fig. 10 : L'oeuvre de b_tech:


Fig. 11 : Le modèle 'teeter', moddé par Loomis, et vendu par kitsch-bent


Les cartouches flash
Maintenant que vous avez votre Game Boy, il vous faut une cartouche un peu spéciale : on appelle cela une cartouche flash. C'est une cartouche Game Boy vide que l'on peut remplir avec les programmes de son choix, dont des « faits maison » (homebrews), comme LSDJ.

Les cartouches flashrécentes peuvent simplement être branchées en USB à votre ordinateur. Elles sont plus ou moins chères selon leur capacité et leurs fonctionnalités.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, de telles cartouches sont parfaitement légales dans le cadre de l'utilisation de homebrews ou de jeux que vous avez achetés.

Quant à flasher un un jeu dont vous n'avez pas la cartouche originale, même si ce sont de vieux jeux, vous devezvous renseigner sur la légalité de la chose en contactant les ayantdroits (l'éditeur).

Remarque: parmi les cartouches flash disponibles, l'Everdrive-GBde krikzzne permet pas de faire fonctionner le programme musical LSDJ. Malgré la qualité du produit, nous vous déconseillons l'achat cette cartouche pour cet usage.

Pour les cartouches flash, nous vous conseillons plutôt :
  • la EMS 64 : elle coûte environ $40. Il est possible de l'utiliser sous Linux, OSX et Windows, L'installation et l'utilisation des drivers peut être un peu fastidieuse (lenteurs, interfaces peu claires). Mais elle n'est pas cher, ce qui reste un atout considérable. Vous pouvez aller voir icipour plus d'informations à ce sujet.
Fig. 12 : Une cartouche EMS64 USB qui trippe

  • La Drag'N'Derp, de Professor Abrasive Plus de deux fois plus chère ($100), elle dispose d'un confort d'utilisation bien plus important au quotidien. Elle vous permettra de manipuler vos sauvegardes comme sur une clé USB générique, sans drivers ou programmes spécifiques. De plus, grâce à un petit programme nommé LittleFM, elle permet de basculer entre plusieurs banques de sauvegardes LSDJ, directement à partir de la Game Boy.
Nous pensons que dans un premier temps, une EMS est parfaitement suffisante pour débuter.
  • D'autres solutions existent on sont en cours d’élaboration, comme les flashcarts de bennvenn, ici.
  • Bien que certaines cartouches ont suffisamment de place pour y stocker LSDJ et des jeux, nous vous conseillons vivement d'en dédier une uniquement à LSDJ.
Fig. 13 : "Oui, moi largué Candy pour GB"
(D.K. dans Voiça, Avril 2015)
LSDJ

Dernière pièce du puzzle : le programme proprement dit, Little Sound DJ (LSDJ).

Il est téléchargeable en échange d' une petite donation ici($2 par exemple).
Si vous ne voulez pas prendre de risque ou que vous voulez tester rapidement ce programme sur un un émulateur, vous pouvez prendre la version de démonstration ici : http://www.littlesounddj.com/lsd/latest/demo_version/


Où acheter des Game Boys moddées et des cartouches
Plusieurs vendeurs existent sur internet. A notre connaissance, aucun d'entre eux n'est basé en France.
Voici les enseignes que nous vous recommandons. 
Attention, les boutiques sont en anglais et un compte Paypal est conseillé :
Pour résumer, vous avez besoin de 3 choses :
  • Une Game Boy
  • Une cartouche USB
  • Le logiciel LSDJ
Avec ce matériel, vous avez véritablement tout ce qu'il faut pour produire et jouer vos morceaux et ce de façon  totalement autonome  : pas besoin de PC, de sampler, de MIDI, etc.

Vous prenez votre Game Boy, votre cartouche LSDJ, des piles, un casque et c'est parti !

Quelques tips en bonus:
  • Le rendu sur les hauts-parleurs de la console ne rendra vraiment pas honneur à vos compositions. Mettez un casque !
  • Si vous voulez faire écouter vos morceaux à un ami sans déranger tout le monde à cause du haut-parleur intégré de la console, utilisez un doubleur de casque. Le son sera moins fort mais c'est ce qu'il y a de plus efficace pour partager votre son et vos feedbacks en toute discrétion.
  • Si vous voulez faire un petit concert plus tard, branchez votre Game Boy sur un ampli, une chaîne Hi-Fi, une enceinte bluetooth (avec entrée ligne), voire même un autoradio... bref, tout ce qui peut prendre une entrée ligne.


La pratique : exemples concrets

Comme nous l'avions dit plus haut, LSDJ  fait partie des soundtrackers, qui sont des logiciels chargés de composer ou écouter de la musique.

Pourtant, vous le savez, une Game Boy n'a que très peu de boutons. Aussi étonnant que cela puisse paraître, ceci est parfaitement suffisant pour LSDJ, qui est conçu de manière très intuitive. En effet, depuis sa première apparition en juillet 2000, son ergonomie a été peaufinée à l'extrême. C'est donc aujourd'hui un logiciel très mature et polyvalent : il est non seulement possible d'écrire des patterns très facilement, mais on peut aussi copier/coller des sélections de notes, jouer en live, etc.

Son ergonomie remarquable a d'ailleurs inspiré de nombreux autres trackers sur différents plate-formes:GBA, NES...

Pouvoir tenir dans la main une solution complète pour créer de la musique est vraiment impressionnant et il faut l'essayer pour se convaincre que c'est possible.

On vous le répète: 4 boutons, une croix directionnelle : vous n'avez pas besoin de plus !

Fig. 14 : Dans les transports, au lieu de jouer à Candy Crush... composez!

Comme tout bon tracker qui se respecte, LSDJnous présente une vue sous forme de matrice. Sur chacune des ses lignes figure une note et un effet. Plusieurs effets peuvent être combinés séquentiellement.

Mais tout d'abord, il nous faut définir une notion qui sera utilisé par la suite, le tick :
Le tick est une unité de temps, qui dépend du tempo choisi. En simplifiant, dans LSDJ, la plupart du temps, chaque ligne d'un pattern dure 6 ticks.

Voici quelques exemples en vidéo, qui seront sûrement plus parlants :

  • Commande  W
La commande W (Waveform) permet de changer la forme d'onde utilisée. Sur les voies 1 et 2, qui ne peuvent produire que des ondes carrées, on a le choix entre 4 "duty cycle" (fraction de la période où le signal est au niveau haut).

Dans la vidéo, on peut voir qu'il est possible de changer le duty cycle à n'importe quel moment dans un pattern et entendre directement le résultat. https://www.youtube.com/watch?v=skFReHprWRc

  • Commande L
La commande L (Legato/Portamento) permet de glisser d'une note à l'autre. L'usage de L permet une transition en douceur vers la prochaine note.

Le chiffre après la commande indique la vitesse de transition. Plus il est élevé, plus la transition est rapide.

  • Commande K
La commande K (Kill) permet de 'tuer' une note, c' est-à-dire d’arrêter de la jouer. On peut spécifier le nombre de ticks restant. Par exemple, K00 tue la note immédiatement, et K03 tue la note après 3 ticks.

Il ne faut pas négliger cette commande, qui peut servir à produire des effets intéressants au niveau du rythme. https://www.youtube.com/watch?v=6Cis2oKPYjk

  • Commande P
La commande P (Pitch) permet un glissement d'une note vers le grave ou vers l'aigu. Une valeur de 00 à 80 permet de rendre la note de plus en plus aiguë, en augmentant le pitch. Les valeurs de FF à 80 font baisser le pitch de plus en plus fort,  rendant la  note plus grave de plus en plus rapidement.

Cela permet, entre autre, de produire des sons de type 'missile', caractéristiques des consoles de jeux. Mais il est aussi possible de produire des kicks très puissants https://www.youtube.com/watch?v=q7VXCpwqvGs

  • Commande V
La commande V (Vibrato) contrôle... le vibrato. Cela permet de faire des sons 'tremblants', comme un violon ou des sirènes par exemple. La commande V00 annule les vibratos précédemment définis. https://www.youtube.com/watch?v=_xhRJZVpqD4

  • Commande R
La commande R, pour 'retrigger', permet de répéter la dernière note jouée. Le premier chiffre contrôle la variation de volume de la répétition, et le deuxième, la vitesse de répétition. Par exemple, R15 répétera la note tous les 5 ticks, et augmentera le volume de 1 à chaque répétition. RF3 répétera la note tous les 3 ticks, et diminuera le volume de 1 à chaque répétition. Il est possible d' annuler un R précédemment employé en utilisant simplement R00. https://www.youtube.com/watch?v=v6oGOGjsmKI





  • La transposition

Dans cette vidéo, on crée simplement une suite de notes, puis on répète cette suite en lui appliquant des transpositions (décalage des notes) successives. Les transpositions sont exprimées en demi-tons, ainsi une transposition de 12 demi-tons ('C' en hexadécimal) représente une transposition d'une octave.

Il est ainsi possible de créer très rapidement une mélodie simple.
https://www.youtube.com/watch?v=tILSuXzhlbw



Et Maintenant ?
Toutes les bonnes choses ont une fin, nous arrivons à celle de cet article. D'une part vous savez mieux ce qu'est la Chiptune, ses limitations et surtout ses immenses richesses. D'autre part, vous avez maintenant en main les clés pour découvrir la Chiptune en pratique sur Game Boy (ou avec des émulateurs) par le biais de LSDJ.

Il resterait cependant beaucoup à dire de LSDJ, car celui-ci propose d'autres fonctionnalités étonnantes :
  • contrôle et synchronisation de deux Game Boy,
  • mode Live pour la performance scénique (tout juste évoqué dans l'introduction),
  • Fig. 15 : Déchaînez les foules grâce à vos Game Boy !
  • customisation des samples de voix WAV pour y rajouter vos propres sons, 
  • branchement d'un clavier PS/2,
  • transmission d’événements MIDI...
Bref, LSDJ n'est pas qu'un simple tracker : c'est aussi un outil musical puissant, polyvalent et surtout, de poche. Rassurez-vous, nous aurons probablement l'occasion d'en reparler dans un futur article sur Open-Consoles. En attendant, c'est à vous de vous lancer, ne serait-ce que pour vous faire les dents et même produire vos sons les plus fous !


Gardons le Lien

Ne nous arrêtons pas en si bon chemin ! Voici quelques liens que vous pourrez explorer pour approfondir votre connaissance des sujets que nous avons traités dans cet article.

Si vous voulez en savoir davantage sur la Chiptune, c'est ici :


Et enfin nous, The Other Days, notre groupe de musique Chiptune:

N’hésitez pas a nous faire part de vos commentaires et remarques sur les forums, ou bien en nous contactant directement sur notre site.

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Les bonus même pas cachés dans un épilogue pas caché non plus

Dans l'introduction, on vous parlait du bruit des machines d'antan. Imprimantes stridentes, scanners lancinants, lecteurs de disquettes qui grattent... un enfer pour les oreilles des utilisateurs de l'époque. Aucun rapport avec la musique pour autant ? Voyez plutôt :)



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